L’Allemagne est soumise
à un climat de transition, caractérisé par l’affrontement entre
les influences océanique et continentale. La continentalité
s’accentue vers l’est et le sud-est. Lorsque prévaut l’influence
océanique, les pluies hivernales sont abondantes, les étés sont
tièdes et pluvieux. L’influence continentale, en revanche, se
traduit par de grandes chaleurs estivales et des hivers froids.
Elle est surtout marquée à l’est de l’Elbe mais, à partir du mois
de janvier, l’anticyclone de Sibérie s’étend également sur l’ouest
du pays.
POPULATION ET SOCIÉTÉ
Démographie
L’Allemagne est le pays
le plus peuplé de l’Union européenne. En 2005, sa population était
estimée à 82 431 390 habitants. La densité est
élevée (235,3 habitants au km²). Les régions occidentales,
situées au cœur de la mégalopole européenne, sont les plus
densément peuplées (265 habitants au kilomètre carré). Celles
de l’est présentent une densité moyenne (144 habitants au
kilomètre carré).
L’Allemagne est entrée
dans une phase de déclin démographique. Durant la période
1990-1995, le taux d’accroissement annuel fut de
0,56 p. 100 (contre - 0,1 p. 100 pour la
période 1975-1980). En 2005, le taux de natalité était de
8,30 p. 1 000 et le taux de mortalité de
10,60 p. 1 000, soit un taux d’accroissement
naturel de -0,2 p. 100.
Langue
La langue officielle est
l’allemand, qui appartient à la branche des langues germaniques de
la famille des langues indo-européennes. Les quelque
100 000 Sorabes (ou Sorbes), descendants des Wendes,
Slaves établis en Lusace, constituent la seule minorité
linguistique. L’émergence d’une langue commune aux Allemands
remonte à la traduction de la Bible par Martin Luther. Souhaitant
rendre les Écritures accessibles à tout croyant, il les traduisit
en Hochdeutsch, la langue parlée de l’Allemagne
moyenne.
Éducation
L’école est obligatoire
et gratuite pour les enfants et les adolescents âgés de 6 à
18 ans. L’Allemagne doit une partie de son succès économique
à son système d’enseignement. Celui-ci, reconnu pour sa qualité,
fait une grande place à la formation professionnelle, notamment
dans l’enseignement supérieur où il est largement ouvert au monde
de l’entreprise. En 1995, les dépenses publiques consacrées à
l’éducation représentaient 4,1 p. 100 du produit
intérieur brut (PIB). Le taux d’alphabétisation des plus de
15 ans est de 99% des adultes.
L’enseignement primaire,
la Grundschule, dure quatre ans. Les deux premières années
de l’enseignement secondaire correspondent à des classes
d’orientation. Le premier cycle du secondaire peut s’effectuer
dans une Hauptschule, une Realschule ou un
Gymnasium. Presque la moitié des écoliers vont dans une
Hauptschule (collège) pour y suivre cinq années
d’enseignement. Ils peuvent ensuite opter pour une formation
professionnelle. La Berufsschule (école professionnelle)
dispense une formation en alternance pendant trois ans. La
Berufsfachschule est une école professionnelle à temps
plein, où le cursus varie de un à trois ans.
Un quart des élèves allemands
suit dans les Realschulen une formation de six ans
combinant éducation générale et cours d’initiation à la vie
professionnelle. Les matières économiques et commerciales occupent
une place importante dans l’enseignement. À l’issue de ce cursus,
les élèves se dirigent vers une formation ou une carrière
professionnelle. Le diplôme délivré permet en effet d’entamer une
carrière dans le secteur privé ou la fonction publique, d’intégrer
une école professionnelle spécialisée ou un lycée technique
(Fachoberschule). En 1994, 40 p. 100 des élèves
avaient atteint ce niveau d’études. Après deux ans à la
Fachoberschule, les élèves peuvent suivre une formation
supérieure d’un an à la Fachhochschule (équivalent des
Instituts universitaires de technologie).
Enfin, un quart des élèves
entre au Gymnasium, lycée d’enseignement général couvrant
le premier et le deuxième cycle du secondaire. Le cursus de huit
ans est sanctionné par un diplôme, l’Abitur (le
baccalauréat), qui ouvre l’accès à l’université.
Depuis les années 1970,
la distinction rigide entre ces divers types d’enseignement a
disparu et le passage de l’un à l’autre est plus facile. De
nombreuses écoles comme les Volkshochschulen (universités
populaires) permettent également aux adultes de poursuivre,
parallèlement à leur vie professionnelle, une formation continue
diplômante.
En 1960, moins de 8 p. 100
de jeunes appartenant à une même classe d’âge poursuivaient leurs
études à l’université ou dans un institut d’enseignement
supérieur. En 1995, ils étaient plus de 30 p. 100. Cette
explosion des effectifs étudiants ébranle un système universitaire
renommé. L’université d’Heidelberg, la Ruprecht-Karls-Universität,
fondée en 1386, figure parmi les plus anciennes universités
d’Europe. Berlin, Bonn, Cologne, Erlangen, Francfort-sur-le Main,
Fribourg-en-Brisgau, Göttingen (voir Göttingen, université
de), Hambourg, Leipzig (voir Leipzig, université de),
Marburg, Munich (voir Munich, université de) et Tübingen
comptent également de prestigieuses universités. Toutes sont
fortement impliquées dans l’effort de recherche-développement,
très important en Allemagne (2,4 p. 100 du PIB en 1995),
qui met en étroite collaboration la recherche scientifique
universitaire et le secteur privé industriel. L’Allemagne compte
également un nombre important d’institutions de formation
d’enseignants, d’écoles des beaux-arts, de musique, de cinéma ou
encore de théologie.