POPULATION ET SOCIÉTÉ
Démographie
En 2005, la Suisse comptait 7 489 370 habitants, ce qui
correspondait à une densité de population de 188 habitants au km² ;
une densité élevée puisque 23,7 p. 100 du territoire est inculte et
qu’un autre quart est occupé par les lacs et les montagnes.
Environ 23 p. 100 des Suisses ont moins de 19 ans, tandis que les
plus de 65 ans représentent 15,4 p. 100 de la population. L’espérance
de vie est de 80,4 années, et l’indice de fécondité, de 1,43 enfant
par femme. La part de la population urbaine est de 67 p. 100, répartie
en majorité dans des villes de moins de 100 000 habitants. La
croissance de la population est lente (1 p. 100 par an) et l’excédent
d’emplois explique l’importance des travailleurs étrangers (d’origine
française, italienne et portugaise) et de leur famille dans la
composition de la population, à savoir presque 15 p. 100.
Langue
La Constitution fédérale reconnaît quatre langues nationales :
l’allemand (parlé par environ 65 p. 100 de la population), le français
(19 p. 100) et l’italien (3 p. 100) ; la quatrième est le romanche,
langue romane parlée par moins de 1 p. 100 des habitants, presque
exclusivement dans les Grisons, et reconnue langue officielle par
référendum (voir Rhéto-romanes, langues). La majorité des
cantons est monolingue, la Suisse ne comptant que trois cantons
bilingues français/allemand (Valais, Fribourg et Berne) et un seul
canton trilingue allemand/italien/romanche (Grisons).
La langue commune est le Schwyzertütsch (suisse allemand),
amalgame de plusieurs dialectes alémaniques ne pouvant se comparer à
l’allemand écrit ou à d’autres dialectes germaniques. Les deux
principales langues culturelles sont l’allemand classique,
principalement utilisé par les médias, et le français, langue
majoritairement parlée dans les cantons de Fribourg, du Jura, de Vaud,
du Valais, à Neuchâtel et Genève. L’italien, quant à lui, prédomine
dans le Tessin.
La liberté de conscience, de croyance et le libre exercice du culte
sont garantis par la Constitution. En 1973, un référendum a abrogé les
articles bannissant l’ordre des jésuites, limitant le nombre des
couvents et interdisant la fondation de nouveaux ordres religieux.
En Suisse, la pratique religieuse est inséparable de l’histoire de
la Réforme protestante ; en effet, Genève, où Jean Calvin prêcha et
enseigna, a été le berceau du calvinisme.
Aujourd’hui, environ 48 p. 100 de la population suisse est catholique
(religion en nette progression) et 44 p. 100 de confession protestante
(le protestantisme a marqué un recul, puisqu’il comptait 52,7 p. 100
de pratiquants en 1960). Les autres religions minoritaires sont le
judaïsme et l’islam.
Éducation
La Suisse possède un système éducatif remarquable par son « quadrilinguisme ».
La Constitution assure l’éducation gratuite et obligatoire, mais,
depuis la révision de 1874 et l’amendement de 1902, le gouvernement
fédéral limite sa contribution à des subventions, pour laisser une
complète souveraineté aux cantons.
Le cycle primaire varie de sept à neuf ans selon les cantons :
l’enseignement y est dispensé dans la langue officielle locale, mais
les élèves peuvent également apprendre les autres langues nationales.
L’enseignement secondaire se déroule dans les « gymnases » (lycées)
et se conclut par l’obtention d’un certificat de maturité donnant
accès aux universités et aux autres établissements d’enseignement
supérieur. L’analphabétisme est négligeable. Voir aussi
Enseignement en Suisse.
Sept cantons possèdent des universités dont certaines remontent au
Moyen Âge : Bâle (fondée en 1460), où Érasme enseigna, Lausanne
(1537), Zurich (1833) et Genève (1599), Berne, Neuchâtel, Fribourg. Il
faut également mentionner une université spécialisée, l’université des
sciences économiques et sociales de Saint-Gall, ainsi que l’Institut
fédéral de technologie de Zurich (1855).
Le système éducatif de la Suisse moderne a subi l’empreinte des
grands théoriciens tels que le philosophe Jean-Jacques Rousseau (Émile
ou De l’éducation, 1762), le pédagogue Johann Heinrich Pestalozzi
et enfin le psychologue Jean Piaget.